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  Du Rouergue à l'Aveyron - L'Histoire du Rouergue à travers les siècles.
Une petite page d'histoire qui permet de connaître et de comprendre les Aveyronnais...

Avant sa conquête
par les Romains,
le Rouergue,
était habité
par les Rutheni.
Ces "Rutheni"
étaient appelés ainsi
en raison
de leur vénération 
pour l'idole Ruth,
sorte de Vénus celtique
dont le culte subsistait
encore au Vème siècle
de notre ère.


A cette époque ce pays, Rouergue, comptait dans les nations d'importances avec principalement trois cités :
- Segodun : en langue celtique montagne à seigle (aujourd'hui Rodez)
- Condatemag : la ville du confluent (au quartier d'Embarri, quand la Doubie se jette dans le Tarn près de Millau)
- Carentomag : la ville des parents (Caranton. A quelques pas de là , se construira Villefranche-de-Rouergue)
Sur ces lieux, des fouilles ont permis de découvrir des ossements, des monnaies, des médailles, des poteries et d'autres objets d'art et d'industrie qui confirment la position de ces trois cités gauloises et l'Histoire de son peuple.
Ce pays du Rouergue était le voisin et l'allié des Arvernes.
Les habitants de ce pays, Le Rouergue, les suivirent lors de leurs expéditions, au delà des Alpes, pour combattre à leurs côtés et sauver l'indépendance nationale.
Betultichou ou Bituit, chef des Arvernes, comptait dans son armée, plus de vingt-deux-milles archers Ruthènes, lorsque, joint aux Allobroges, il marcha contre le Consul Quintus Fabius Maximus et lui livra bataille au confluent du Rhône et de l'Isère, en l'an 121 avant notre ère.
L'armée confédérée fut vaincue. Une partie du pays des Ruthènes se retrouva comprise dans la Provincia romana et prit alors pour nom Les
Ruthènes provinciaux.
La "Provincia Romana" s'étendit jusqu'au Tarn.
Le nom de
Ruthènes indépendants était, lui, réservé à tous ceux qui habitaient sur la rive gauche de cette rivière -mais ces derniers ne tardèrent pas à subir le sort de leurs frères -
Ils ont pris part à la révolte de Vercingétorix contre César et furent vaincus et soumis.
Dès lors, comme tout le reste de la Gaule, le pays des Ruthènes fut sous la domination des romains.

La division des Gaules
Lors de la division des Gaules par Auguste, le pays Rouergue fut joint à l'Aquitaine, puis, dans l'ensemble de  l'Aquitaine première par Valentinien.
Rome établit des colonies, bâtit des temples, des cirques, des aqueducs, des circulations, des voies publiques...
Les Romains sillonnèrent le Rouergue en tous sens.

Au Ve siècle, on parlait la langue latine.
Ce fut, dit-on, Saint-Martial qui, vint le premier prêcher l'Évangile aux Ruthènes, en l'an 250.
Déjà, dès le IVe siècle, les chrétiens étaient très nombreux en Rouergue.
Cependant, au Ve siècle, Ruth, la divinité celtique, y était encore adorée.

Saint-Amans entreprit de convertir ce peuple
 "Un jour que ce peuple sacrifiait à Ruth, dit un historien, Amans apparut et il lui reprocha son impiété et ses excès ; mais, voyant qu'au lieu de se rendre aux efforts de son zèle, il entrait en fureur contre lui, il invoqua le Seigneur, et tout à coup d'épaisses nuées s'amoncellent, le tonnerre gronde, éclate, et l'odieux simulacre tombe en pièces."
A cette vue, les Ruthènes se jettent aux pieds du Saint et demandent le baptême.
L'empereur Honorius rend aux Gaulois leurs droits politiques mais, impose également de lourdes contributions.
Amans racheta et libera les Ruthènes de ce lourd tribut.
Cette sollicitude acheva de lui gagner les coeurs de ce peuple.

Le Rouergue devra changer plusieurs fois de maître pendant les guerres de l'empire.

Il appartint :

- en 472, Wisigoths
- en 507, Francs
- en 512, Wisigoths
- en 533, Rois d'Austrasie
- en 588, Les Ducs
d'Aquitaine
- en 768, Pépin le Bref
- en 778, Charlemagne
l'incorpora au royaume d'Aquitaine. Il y établit des comtes, d'abord viagers qui s'érigèrent par la suite, en seigneurs héréditaires de leur comté.
- vers le milieu du IXe siècle, Charles le Chauve confirma les comtes de Rouergue dans leurs possessions et y ajouta le comté de Toulouse qu'il détacha du duché d'Aquitaine.
- en 1053, à la mort de
Hugues onzième, comte de Rouergue, sa fille Berthe se vit disputer son héritage par ses frères, Guillaume, comte de Toulouse, et Raymond de Saint-Gilles.
- en 1065, à la mort de Berthe, les deux frères prirent les armes et se tournèrent l'un contre l'autre.
- en 1080, et après quinze ans de luttes fraticides, ils convinrent que Guillaume dirigerait le comté de Toulouse, et Raymond de Saint-Gilles, le comté de Rouergue, dont il avait pris le titre à la mort de Berthe.

Par la suite, Raymond succéda à son frère dans le comté de Toulouse, et le Rouergue devint l'apanage des fils puînés des comtes de Toulouse.
Le Comte Raymond de Saint-Gilles mourut en terre de Palestine, laissant un fils en bas âge, Alphonse Jourdain.
Dès lors, des prétentions éclatèrent.

Ce sont les deux comtes, Bérenger d'Aragon comte de Barcelone et vicomte de Millau, et Guillaume, comte de Poitiers, qui profitèrent de la minorité du jeune Alphonce : ils entrèrent à main armée dans ses États.
Trop faible pour résister, AIphonse se retira en Provence
- c'est seulement en 1120 que l'héritier Alphonse put reconquérir ses comtés.

En 1271 le Rouergue revint à la couronne car, la femme d'Alphonse, le comte de Poitiers, est la seule héritière de cette maison. Mais Jeanne est morte sans héritier.

Mais, Raymond de Saint-Gilles, en partant pour la croisade, avait engagé à Richard, fils puîné du vicomte de Millau, la partie de la ville de Rodez appelée le Bourg et quelques châteaux.
De là, vint l'origine du comté de Rodez.
Hugues Ier et Henri Ier, successeurs de Richard, protégèrent la poésie provençale.

Henri Il, n'a pas laissé d'enfants mâles.
Avec lui s'éteignit la première "race" des comtes de Rodez.

Ce comté passa ensuite à Bernard VI,  le comte d'Armagnac, par son mariage avec Cécile, l'une des filles de Henri II. Cécile, à la mort de son père, avait pris le titre de comtesse de Rodez ; il lui fut disputé longtemps par ses soeurs.
Après avoir fait le bonheur de ses vassaux par ses sages lois, Cécile mourut en 1313, laissant pour héritier Jean, son fils, qui unit les deux comtés, Armagnac et Rodez.
Jean Ier, dit le Bon, avait épousé en premières noces Reine de Goth, petite-nièce du pape Clément V. Après la mort de celle-ci, il se remaria avec Béatrix de Clermont, comtesse de Charolais, princesse du sang de France.
Ce mariage fut l'une des principales causes de la puissance des comtes d'Armagnac, puisqu'elle les éleva au rang de seigneurs du sang de France.
Jean se distingua dans les guerres de son temps, sous les règnes de Philippe de Valois et du Roi Jean.

Jean II, le Gras, est aussi surnommé le Bossu. Fils de Jean Ier et de Béatrix de Clermont, il employa une  grande partie de son règne pour libérer le Rouergue des anglais.
(et des  Compagnies anglaises).
 
Il mourut à Avignon,  en 1384. Sa dépouille fut transporté dans l'église cathédrale d'Auch.
Il laissa de son épouse, Jeanne de Périgord, deux fils, Jean et Bernard et une fille, Béatrix, que l'on maria à Barnabé Visconti seigneur de Milan, en seconde noces.

Jean III, lieutenant général des armées du Roi en Languedoc, parvint à chasser, en 1387, les routiers du Rouergue.
Ayant voulu donner du secours aux Florentins contre Galéas Visconti, duc de Milan, il fut blessé dans cette campagne, et il mourut peu de temps après de ses blessures. 

Son frère, Bernard, le connétable, fut massacré à Paris en 1418.
C'était un grand capitaine et un homme de génie ; mais son excessive fierté, son inflexibilité et son despotisme, le perdirent.
On a conservé de lui un mot qui le peint tout entier : Ses officiers étant venus lui dire que le peuple de Rodez était au moment de se mutiner, sa réponse fut :
"Se ley dabale ! (Si j'y descends !)".

Bernard avait tout ce qu'il fallait pour être un  bienfaiteur pour sa patrie, mais il mit dans sa conduite trop de raideur, dans ses mesures trop de négligence, il ne fit qu'aggraver les maux qu'il aurait pu guérir.

Jean IV fut l'héritier et le successeur de Bernard, son père, non seulement dans les comtés de Rodez et d'Armagnac, mais aussi dans tous ses nombreux domaines.
Il habitait le Languedoc où il était lieutenant. Dès qu'il eut appris la fin tragique de son père, il se retira en Rouergue, où il tâcha de se concilier, par ses bienfaits, la bienveillance de ses vassaux.
Bien qu'il y vécût retiré, ses ennemis l'accusèrent de divers et de nombreux griefs auprès du Roi Charles VII, qui lui déclara la guerre en 1444 et confia le commandement de son armée au dauphin, qui sera plus tard Louis XI.
Le prince, à la tête de son armée assiégea, dès son arriver, Entraygues, puis Rodez et aussi Sévérac-le-Château. Il soumit enfin toutes les places du comté.
Ayant fait sa paix avec le Roi Charles VII, Jean mourut au château de l'Ile-en-Jourdain  en 1450,

Son successeur, Jean V, s'attira, de par une vie scandaleuse, l'indignation du Roi Charles VII, à qui, d'ailleurs il faisait ombrage à cause de sa puissance et de ses richesses. Il se rendit également coupable de trahison envers le Roi Louis XI, qui lui déclara la guerre.
Poursuivi dans toutes ses retraites, Jean s'enferma dans Lectoure et y soutint un long siège : mais la ville capitula, et le comte fut massacré dans son château avec tous ses enfants.
C'est au château de Busset et non celui de Castelnau-de-Bretenoux, comme parfois il est écrit, que sa veuve reçut un  breuvage  livré par trois empoisonneurs :
Guiraudon, le seigneur de Castelnau,Olivier le Roux.

Le but de ce breuvage ?Frapper dans ses flancs l'enfant dont elle devait être mère.
Charles, fut le dernier comte portant le nom Armagnac.
Il succéda en 1484 à son frère, Jean V, mais seulement pour le "domaine utile". Il mourut en 1497, laissant pour héritier Charles d'Alençon son petit-neveu qui épousa Marguerite de Valois, soeur de François II, substituée aux droits du Roi sur les biens de la maison d'Armagnac.
Il mourut en 1525, sans postérité.

Le Roi de Navarre, Henri Ill d'Albret, prétendait à la succession de la maison d'Armagnac, aux titres de descendant de la fille du connétable Bernard, Anne d'Armagnac.
En se mariant en en 1526, Henri III et
Marguerite de Valois, veuve du duc d'Alençon, confondirent leurs droits et Ils furent couronnés l'un et l'autre dans la cathédrale de Rodez, le 16 juillet 1535, par l'évêque Georges d'Armannac.
Jeanned'Albret, leur fille unique et femme d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, fut reine de Navarre et comtesse de Rodez en 1555.

Henri de Bourbon, son fils, lui succéda en 1572. Devenu roi de France sous le nom de Henri IV, il réunit à la couronne le comté de Rodez et tous les biens des d'Armagnac.

Ainsi finit la seconde "race" des comtes de Rodez.

Riches et puissants, les comtes de Rodez jouissaient des droits régaliens, avec pouvoir de faire battre monnaie, de lever l'impôt, de créer des sergents...

A leur avènement, ils étaient couronnés par l'évêque de Rodez, assisté du dom d'Aubrac et des abbés de Bonneval, de Bonnecombe, de Loc-Dieu et de Beaulieu.
Outre les 4 châtellenies, qu'ils regardaient comme les clefs de la province, ils possédaient dans le Rouergue près de 24 châteaux et un très grand nombre de fiefs parmi lesquels les vicomtés, Peyrebrune et Cadars , et encore douze baronnies :
- Landorre,
- Estaing,
- Castelpers,
- Panat,
- Verdun,
- Aliramont,
-
Aurelle,
- Sévérac-le-Château,
- Calmont-de-Plancatge
- Calmont-d'Olt
- Brusque.
Un sénéchal, un juge de la comté, plus un juge des montagnes, encore quatre châtelains et pour finir un juge d'appeaux rendaient la justice en leur nom.
On sait la part que les comtes de Rouergue prirent aux croisades.
A l'exemple de leurs suzerains, les comtes de Rodez, Hugues Ier, Henri Ier, Hugues IV se firent les chevaliers de la croix. Presque toute la noblesse du Rouergue se rangea sous leur bannière. Déjà, à la fin du XIe siècle, plusieurs seigneurs de ce pays avaient aboli la servitude dans leurs terres. D'après les chartes ou coutumes et privilèges octroyés par les comtes de Rouergue et de Rodez ou par d'autres seigneurs, "...on voit, dit l'auteur Bousquet dans son Abrégé de l'histoire du département de l'Aveyron, que dès les XIIe et XIIIe siècles les grands principes sur lesquels reposent les droits des citoyens n'étaient alors ni inconnus ni méprisés dans le Rouergue."
A peine délivré des invasions, le Rouergue eut à souffrir des guerres féodales.
Aux guerres féodales succéda la guerre des Anglais en 1163.
Ce sont les plus belles pages de l'histoire du Rouergue.
A peine les Anglais se furent-ils emparés du château de Peyrusse, les habitants de cette ville, ayant à leur tête leurs compatriotes Cornely et Médicis, les chassèrent et remirent cette place au comte de Rodez, Hugues II, qui dans celte campagne se couvrit de gloire et conquit le titre de Père de la patrie (1163-1169).


Plus tard,
les Anglais
se rendirent
maîtres de
Saint-Antonin.

Les habitants se mirent en devoir de résister à cet ennemi. 
Mais, ce fut peine perdue !
Car, après le désastre de Poitiers, ils se virent livrés au vainqueur par le traité de Brétigny. Pendant sept ans, ils subirent le joug anglais.

A la voix de Bérenger de Nattes, les Rouergats se dressent face à leur  l'oppresseur.

Tous sont présents : les seigneurs, les vassaux, les bourgeois et les manants.
Ils s'animent pour défendre leur pays. Même les moines de Bonnecombe vont incendier le fort de Bonnefont plutôt que de le laisser au pouvoir des Anglais.
Fin 1369, ils ne possédaient que Najac et le château de La Roque-Valsergue. La ville ne tarda pas à leur être enlevée, et Du Guesclin les chassa de La Roque-Valsergue en 1371.

Les guerres religieuses du XVIe siècle.
Déjà dans la croisade contre les Albigeois, le Rouergue avait vu la plupart de ses villes, Millau, Saint-Antonin, Mur-de-Barrez, Laguiole et Sévérac, ravagées par Simon de Montfort (1208-1214).
Ces mêmes villes furent les premières à se déclarer pour la Réforme dans le Rouergue.
Bientôt il y eut des églises réformées à Espalion, à Villefranche, à Saint-Affrique, à Villeneuve, à Peyrusse, à Compeyre, à Saint-Léons, ...
Puis, la persécution s'en mêlant, les protestants prirent les armes. De là une longue et sanglante guerre que les fureurs de la Ligue menaçaient de perpétuer dans ce pays, et dans laquelle périrent plus de dix-huit mille protestants ou catholiques, sans compter les églises qui furent pillées et dévastées, les villes et les villages saccagés ou détruits.

A l'avènement de Henri IV, ce pays retrouva enfin la tranquillité.

Sous le règne des comtes de Rouergue et de Rodez, la justice y était administrée en leur nom par des vicaires ou viguiers. Après la réunion de ce pays à la couronne, il y eut des bailliages : on en comptait seize en 1349 :
- Peyrusse,
- Roquecézière,
- Najac,
- Villeneuve,
- La Roque-Valsergue,
- Laguiole,
- Sauveterre,
- Saint-Geniez-d'Olt,
- Saint-Rome-de-Tarn,
- Verfeil,
- Saint-Affrique,
- Saint-Antonin,
- Cassagnes-Royaux,
- Millau,
- Corripeyre
- Villefranche.

Le Rouergue avait ses états qui s'assemblaient tous les ans.

Aux seuls comtes de Rouergue appartenait le droit de les convoquer.
Après eux, les comtes de Rodez et les Rois qui leur succédèrent jouirent de ce privilège.
Dans l'origine, les états s'assemblaient à Rodez. Plus tard, il se tinrent à Millau, à Sauveterre, à Salles-Comtaux et à Villefranche.
Outre la noblesse et le clergé, les consuls des villes et ceux des bourgs et des gros villages avaient le droit d'y siéger. C'est l'évêque de Rodez qui résidait.
Supprimés eu 1606, puis rétablis en 1611, supprimés une seconde fois en 1651, ils ne furent plus rétablis. On leur substitua les élections.
Avant 1789, le Rouergue était divisé en comté (chef-lieu, Rodez) et en deux Marches : la haute (chef-lieu, Millau) et la basse (chef-lieu, Villefranche)

Réuni au Quercy en 1779, il forma la province de Haute-Guyenne où fut établie une administration provinciale composée de cinquante-deux membres, savoir l'évêque de Rodez, président, les évêques de Cahors, de Vabres et de Montauban, six membres du clergé ; seize gentilshommes, treize députés des villes et treize députés des campagnes. Il y avait, en outre, deux procureurs généraux syndics et un secrétaire archiviste.
Cette assemblée se réunissait tous les deux ans à Villefranche et était chargée de répartir les contributions et d'en faire la levée, de veiller sur les ateliers de charité, ...
On se souvient encore dans le Rouergue des efforts et des règlements que cette assemblée fit pour améliorer l'agriculture et l'industrie.


Quelques
années plus tard la République fit
son apparition et
le Rouergue devint 
le département de l'AVEYRON.